samedi 18 décembre 2010

Le Pays d'Avesnes croise les doigts et espère obtenir le label « pôle d'excellence rurale »

vendredi 17.12.2010, 05:03 - PAR CÉCILE LEGRAND-STEELAND

Le réaménagement de l'ancien tribunal en télécentre fait partie des trois opérations du projet. 
ARCHIVES « LA VOIX »

La réponse de l'État tombera courant janvier. La communauté de communes du pays d'Avesnes (CCPA) saura alors si son territoire peut légitimement prétendre au label « pôle d'excellence rurale » (PER). Rien de très concret au premier abord. Les applications concrètes de ce projet pourraient cependant avoir d'importantes conséquences au plan économique.

> Le projet de la CCPA.- Baptisé « nouveaux actifs, nouvelles activités au pays d'Avesnes », le projet de l'intercommunalité se décline autour de trois opérations : la création d'une couveuse d'entreprise couplée à un atelier-relais au sein même de la friche « Sucre de lait » à Sains-du-Nord, l'aménagement d'un espace-test agricole sur le terrain non loin de la Maison du bocage et la réhabilitation de l'ancien tribunal d'Avesnes en centre de télétravail.


> La couveuse d'entreprise et l'atelier-relais.- Pour porter ses ambitions, la CCPA a choisi d'engager un partenariat avec l'association À Petit pas, qui accompagne les créateurs d'entreprise en milieu rural. L'association aura ses propres bureaux à Sains-du-Nord, une fois ceux de l'ancien site de production « Sucre de lait » rénovés. Elle les louera à la CCPA.

Tout l'intérêt de la couveuse est de permettre aux créateurs de « tester » leur activité naissante en grandeur réelle sans perdre leur statut. Une personne en recherche d'emploi, par exemple, conserve ses revenus. Les « couvés » pratiquent leur activité soit chez eux, soit sur place (à l'atelier-relais), ils ont un numéro de SIRET grâce auquel ils peuvent vendre, produire, prospecter, etc., sans toutefois être immatriculés. Les supports juridique et administratif sont assurés par la couveuse. Avantage : on peut en faire partie même si l'on n'habite pas sur le territoire de la CCPA.

Juste à côté des bureaux, à la place des anciens ateliers de « Sucre de lait », la CCPA va faire construire l'atelier-relais. Un espace aménageable en trois à six cellules (de 85 à 171 m²) qui seront louées soit aux couvés pour une période de deux à trois ans, soit à des entreprises locales en recherche ponctuelle d'espace de stockage.

> Quel coût ?- 1,15 million d'Euros, comprenant la démolition, la rénovation des bureaux, la construction de l'atelier-relais et des espaces extérieurs. La CCPA attend 730 000 € de subventions pour un reste à financer de 420 000 €.

> L'espace-test agricole.- Comme son nom l'indique, il sera dédié aux porteurs de projets dans le domaine agricole : maraîchage et petit élevage. À Sains-du-Nord, toujours, le centre communal d'action sociale est propriétaire d'un terrain de 2 hectares. La CCPA va le scinder : la moitié sera louée à un maraîcher ; l'autre sera divisée en surfaces louées par des porteurs de projets. Des chambres froides et des salles de réunion seront également construites sur place.

> Quel coût ?- 600 000 € comprenant l'aménagement, l'achat de matériel agricole, la construction d'une serre, etc. La CCPA attend 470 000 € de subventions soit un reste à financer de 130 000 €.

> Le télécentre.- Nous vous en parlions déjà dans une édition du 12 juillet : l'ancien tribunal devrait être transformé en télécentre. Sans revenir sur les détails, l'accès se fera sans doute à l'aide d'une carte magnétique. Dix bureaux seront aménagés au rez-de-chaussée, tandis que l'ancienne salle d'audience se verra transformée pour partie en espace de co-working et en salle de vidéo-conférence. Le défi pour la CCPA sera de convaincre les télétravailleurs et les entreprises d'utiliser le télécentre. François Letellier, directeur général des services à la CCPA se montre réaliste : « C'est une démarche sur dix-quinze ans. On sait qu'on va mettre du temps à le remplir et que ce sera difficile pendant deux-trois ans. »

Pour développer ce projet, la CCPA s'est fondée sur l'exemple réussi de « Zevillage », un concept similaire dans l'esprit développé dans l'Orne.

> Quel coût ?- 770 000 € comprenant le gros-oeuvre, le matériel, l'installation d'un ascenseur extérieur, la remise à neuf du chauffage, de la climatisation et de l'électricité. La CCPA attend 570 000 € de subventions, soit un reste à financer de 200 000 € . •

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